Afrique : Eliminer les préjugés sexistes des procédures judiciaires
La scène s’est passée dans une salle de tribunal de Tanzanie, où le juge présidant la séance écoutait un appelant contestant le jugement qui avait dissout son mariage, car il avait abusé physiquement de sa femme. La plainte de son ex-femme, estimait-il, n’était rien d’autre qu’un simple différend conjugal.
De nombreux juges avaient abondé en son sens, en raison de leurs convictions fermement ancrées sur l’intimité conjugale et les prérogatives masculines. Mais cet appelant était tombé sur Natalia Kimaro, qui occupait alors les fonctions de juge. La juge Kimaro a estimé que ses actes constituaient une forme de violence sexiste, citant les lois tanzaniennes et les conventions internationales en matière de droits de l’homme. Elle a maintenu le jugement original.
Mme Kimaro, aujourd’hui juge de la Cour suprême, est l’une des plus de 1.400 juges qui ont participé au Programme de jurisprudence de l’égalité mené à bien par l’Association internationale des femmes juges (IAWJ). La formation dispensée grâce à ce programme, lancée avec l’appui du Fonds d’affectation spéciale pour mettre fin à la violence contre les femmes, vise à répondre au fait que si de nombreux pays ont des lois pour prévenir la violence contre les femmes et ont accepté en principe de faire respecter les normes internationales en matière de droits de l’homme, les préjugés humains et le manque de connaissances viennent contrecarrer ces intentions dans la pratique. Après un début réussi en Tanzanie en 2000, le programme a été élargi à trois pays d’Afrique australe : le Botswana, l’Afrique du Sud et la Zambie.
