Adressons des messages forts pour accélérer la réalisation des engagements internationaux
Lors de la Journée Portes ouvertes à Kabul, Afghanistan, des femmes activistes de paix ont exprimé leurs préoccupations sur la sécurité des femmes et l’accès à la justice dans leur pays. (Photo: UNIFEM)
Les “Journées Portes ouvertes pour les femmes et la paix” organisées par les Nations Unies se sont poursuivies à la mi-juin, permettant aux hauts fonctionnaires des Nations Unies et aux femmes activistes de la paix participer à des échanges animés sur les propositions d’actions en vue d’améliorer la participation des femmes aux processus de paix.
Dans plus de 20 pays, les Journées Portes ouvertes mondiales aident à accélérer les préparatifs du 10ème anniversaire de la résolution 1325 du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité. Une série de recommandations issues de ces manifestations seront transmises au Conseil de sécurité des Nations Unies avant qu’il ne se réunisse en octobre pour débattre du bilan et de la future application de la résolution.
La Directrice exécutive de l’UNIFEM, Inès Alberdi, a participé aux Journées Portes ouvertes mondiales au Soudan, indiquant qu’elles permettraient d’adresser un « message d’urgence fort » au Conseil de sécurité. Elle a souligné les progrès récents réalisés pour ce qui est de reconnaître que la violence sexuelle liée aux conflits nécessite une attention immédiate, mais a souligné que le niveau de violence sexuelle pendant les crises demeure « épouvantable ». Le faible nombre de femmes participant aux négociations de paix et le manque de financement alloué pour répondre aux besoins des femmes dans les plans de relèvement postconflictuels figurent au nombre des défis à relever.
En Afghanistan, Staffan de Mistura, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, a écouté toute la gamme de propositions faites par les femmes dans les domaines de la sécurité, du règlement des conflits et de la consolidation de la paix, de la justice et de la responsabilité, ainsi que de la violence sexuelle. M. Mistura a appelé à entamer de nouveaux dialogues sur la base de la Constitution, texte qui garantit « un espace pour protéger les gains réalisés par les femmes ».
Plus de 60 femmes issues de groupes de la société civile du Burundi ont rencontré le Représentant exécutif du Secrétaire général, Charles Patrie, et ont identifié les actions prioritaires à prendre, telles que la création d’un comité national sur la résolution 1325 afin de suivre les progrès réalisés au niveau des priorités identifiées pendant les Journées Portes ouvertes mondiales. Elles ont souligné qu’il était important de former les femmes, en vue de leur permettre d’assumer leur rôle au niveau de la paix et de la sécurité, tout en renforçant les lois sur l’égalité des sexes et en établissant des mécanismes juridiques spéciaux en faveur des femmes victimes de violences.
La Guinée-Bissau devrait compter des femmes dans au moins 25% de tous les postes nationaux relatifs à la paix et à la prise de décisions, ont souligné les femmes participant à une réunion avec le Représentant spécial du Secrétaire général, Joseph Mutaboba. Ces dernières ont également encouragé la communauté internationale à évaluer toutes les formes d’aide du point de vue de l’égalité des sexes.
Les femmes du Pakistan ont adopté le slogan « Nous ne voulons pas limiter les dommages des conflits ou des crises sur les femmes : nous voulons qu’ils soient complètement éliminés ! ». Lors des pourparlers avec l’Envoyé spécial des Nations Unies pour l’aide au Pakistan, l’Ambassadeur Jean-Maurice Ripert, des femmes ont appelé à la tolérance zéro par rapport à la violence sexuelle ou sexiste, et ont promu la budgétisation tenant compte des sexospécificités comme outil essentiel pour traduire les sommes dépensées en faveur du relèvement postconflictuel en bénéfices pour les femmes.
Au Sénégal, le Représentant spécial du Secrétaire général et responsable du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest, Said Djinnit, s’est engagé à organiser une conférence régionale sur la résolution 1325 pour l’Afrique de l’Ouest, au cours d’une réunion avec des femmes venant des mondes politique, du développement social et universitaire.
Les femmes du Timor-Leste ont proposé que la parité hommes-femmes soit instaurée au sein de la police nationale et du tribunal international chargé de juger les crimes perpétrés pendant les années de conflit – dont les femmes ont constitué la majorité des victimes. La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies, Ameerah Haq, a salué la réussite des efforts déployés pour protéger les femmes contre la violence, et visité un refuge pour victimes de la violence domestique et sexuelle. Elle a souligné que beaucoup doit être fait pour assurer un accès égal à la justice et aux ressources, et appelé au rassemblement des femmes activistes en déclarant : « Ne nous confondons pas en excuses quand nous faisons entendre nos préoccupations ».
D’autres manifestations ont été organisées dans le cadre de ces Journées Portes ouvertes mondiales, en République démocratique du Congo, au Kosovo, au Libéria, au Népal, en Sierra Leone et en Somalie.
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