Cinq questions à… Eva-Britt Svensson

Eva-Britt Svensson (Photo: UNIFEM)

Eva-Britt Svensson, membre du Parlement européen, Présidente de son Comité des droits de la femme et de l’égalité des sexes, a joué un rôle déterminant pour assurer l’appui de la majorité du Parlement à la campagne Dites NON en 2009. (Photo : UNIFEM)

Eva-Britt Svensson est membre du Parlement européen, Présidente de son Comité des droits de la femme et de l’égalité des sexes et ancienne victime de la violence domestique. Elle a joué un rôle déterminant pour assurer l’appui de la majorité du Parlement à la campagne Dites NON en 2009. Cet appui a été suivi d’une résolution parlementaire sur l’élimination de la violence contre les femmes et d’un appel lancé par le Conseil européen dans le cadre de son Programme de Stockholm 2010-2014 pour améliorer la législation et l’appui aux victimes de violence. En mars 2010, Mme Svensson a présidé une audience publique parlementaire sur une stratégie à l’échelle de l’Union européenne pour combattre la violence contre les femmes, et s’est jointe à une célébration des réalisations de Dites NON – Tous UNiS au cours de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies. Elle nous a fait part de ses réflexions à la faveur d’un entretien de suivi réalisé à la mi-avril.

 

 

Quelle utilité la campagne Dites NON a-t-elle eue au sein de l’Union européenne ?

Elle a eu un impact très fort, permettant de mettre l’accent sur la question de la violence sexiste au sein du Parlement européen, des institutions de l’Union européenne et de ses 27 Etats membres. Lorsqu’ils ont entendu parler de la campagne et de la déclaration que j’ai faite sur celle-ci devant le Parlement, les gens ont réalisé l’ampleur du problème. Cette meilleure information a conduit à un renforcement des discussions sur les actions nécessaires pour y mettre fin. Les membres du Parlement – les femmes comme les hommes – sont davantage impliqués sur la question, non seulement au sein du Parlement, mais aussi dans leur propre pays.

Quelle est la plus importante mesure que l’Union européenne doit prendre, dès maintenant, pour mettre fin à la violence contre les femmes ?

Les autres membres du Comité des droits de la femme et de l’égalité des sexes et moi-même avons demandé que soit mise en place une nouvelle directive afin de mettre fin à toutes les formes de violence contre les femmes. Celle-ci deviendrait le droit commun qui s’appliquerait à tous les Etats membres de l’Union européenne. Nous avons également des propositions sur des consignes européennes communes en matière de protection ainsi que pour la mise en place d’un numéro d’urgence unique, afin que les femmes puissent obtenir de l’aide quel que soit le pays où elles vivent.

Si l’on considère qu’un quart des femmes d’Europe continuent d’être confrontées à une forme ou à une autre de violence sexiste, qu’est-ce qui entrave l’accélération des progrès ?

Il est difficile de vous donner une seule réponse pour l’ensemble des membres de l’Union européenne. Certains Etats ont mis en œuvre des lois efficaces contre la violence, ce qui fait que beaucoup de femmes n’hésitent plus à se rendre à la police pour signaler des abus. Mais dans d’autres, ce n’est toujours pas le cas. 

Dans quelle mesure votre expérience personnelle au niveau de la violence domestique a-t-elle nourri votre activisme au niveau de la violence sexiste ?

Je veux montrer aux autres femmes qu’il est non seulement possible de survivre, mais aussi de bâtir une vie satisfaisante pour elles et leurs enfants. Lorsque vous vivez de telles relations, vous vous sentez honteuse et pensez que tout est de votre faute. Les femmes doivent savoir qu’elles ne sont pas responsables de cette situation. Il n’y a pas à avoir honte de quoi que ce soit. La violence domestique est un crime, et vous devez abandonner la personne qui vous abuse et vous rendre à la police, si nécessaire. Après avoir survécu à ce problème, j’ai décidé de continuer à montrer que je n’étais pas responsable de celui-ci, et de poursuivre mon travail politique. Je suis fière de ce que je suis en train de faire. 

Pourquoi est-il important pour les anciennes victimes de devenir activistes ?

Les autres femmes sentent que vous savez de quoi vous parlez. Il leur est plus facile de vous faire confiance et de suivre vos conseils. Je suis tellement heureuse d’avoir survécu à cette épreuve. Je n’aurais jamais cru pouvoir le faire. Aujourd’hui, je me sens souvent très forte. Je veux crier à la face du monde : « Regardez-moi, c’est possible ! »

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