Haïti: Restaurer les refuges pour échapper à la violence
Les fonds offerts par OMEGA seront consacrés à la construction de refuges pour femmes qui constituent des havres de sécurité. Plus de 50 refuges temporaires ont été établis pour remplacer ceux qui avaient été endommagés par le tremblement de terre. (Photo: UN Photo/Sophia Paris)
Les programmes lancés par l’UNIFEM en Haïti en vue d’aider les victimes de violences sexistes vont connaître un nouvel élan grâce à une donation récente de 50.000 dollars E.U. par OMEGA. Le fabricant horloger, par le biais d’un partenariat avec l’ambassadrice de bonne volonté de l’UNIFEM Nicole Kidman, a promu les actions visant à mettre fin à la violence contre les femmes en octroyant une subvention défi en faveur des organisations de femmes.
En Haïti, les fonds offerts par OMEGA seront consacrés à la construction de refuges pour femmes. Ceux-ci sont des havres de sécurité dans un contexte de regain de violence contre les femmes depuis le tremblement de terre de 2010. Les viols et autres formes de violences sexistes ont particulièrement touché les camps temporaires où un million de personnes gardent le mince espoir de pouvoir reconstruire leurs vies un jour.
Au cours des mois qui ont suivi le tremblement de terre, l’UNIFEM a travaillé avec le ministère national de la Femme ainsi que des groupes de femmes locales expérimentées pour former et envoyer des équipes mobiles en vue de fournir des services de prévention et d’orientation aux femmes victimes de violences. Des téléphones mobiles offerts gratuitement permettent à ces équipes de maintenir le contact avec la police et les centres de femmes. Dans le cadre de la restauration de la protection policière, l’UNIFEM a financé l’achat de vélomoteurs destinés aux postes de police, afin de leur permettre d’intervenir sur les cas de violences sexuelles.
Plus de 50 refuges temporaires ont été établis pour remplacer ceux qui avaient été endommagés par le tremblement de terre. Fonctionnant grâce à des volontaires formés, ils permettent d’identifier et de gérer rapidement les cas de violences sexuelles. Cela permet d’encourager les victimes à déclarer les cas tout en faisant comprendre aux auteurs qu’ils ne sauraient agir en toute impunité. Certains cas arrivent désormais devant les tribunaux, qui recommencent lentement à être opérationnels.
Pour mettre fin à la violence et faire de l’égalité des sexes une partie intégrante de la future Haïti, les femmes du pays doivent pouvoir participer sur un pied d’égalité à la reconstruction du pays. Au niveau des foyers, elles font déjà davantage que ce qui leur est demandé, constituant plus de deux tiers des chefs des foyers. Le bureau du PNUD en Haïti demande instamment l’inclusion d’experts en matière d’égalité des sexes à toutes les phases et dans tous les secteurs de la reconstruction. C’est la seule façon pour les femmes de pouvoir bénéficier des ressources et des services dont elles ont besoin et qu’elles méritent.
Un programme de l’UNIFEM appuie le Réseau des femmes travaillant au sein des radios communautaires (Network of Women in Community Radio –REFRAKA), ce qui, dans un pays où la radio demeure un média des plus populaires, est important pour faire entendre les voix des femmes. Un nombre record de femmes travaillent maintenant dans le journalisme radio grâce notamment à la formation dispensée par l’intermédiaire du REFRAKA avant le tremblement de terre. Une série de 24 programmes consacrés à la vie des femmes depuis le tremblement de terre et à leur participation à la reconstruction du pays est actuellement en cours de réalisation.


