Interview: La Présidente autrichienne du parlement
Mme Prammer invite l’Assemblée nationale à signer en faveur de Dites NON: Le 10 décembre, Journée internationale des droits de l’homme, la Présidente autrichienne du parlement, Barbara Prammer, demandera à l’Assemblée nationale de signer en faveur de l’initiative de l’UNIFEM Dites NON – Tous UNiS pour mettre fin à la violence contre les femmes. Dans un entretien avec l’UNIFEM, Mme Prammer souligne qu’il est important d’agir au niveau national.
UNIFEM: Le 10 décembre, vous inviterez l’Assemblée nationale autrichienne à signer et à appuyer l’initiative de l’UNIFEM Dites NON – Tous UNiS pour mettre fin à la violence contre les femmes. Pourquoi cette implication?
Mme PRAMMER: Je pense personnellement que les parlements ont la responsabilité primordiale de combattre et de mettre fin à la violence contre les femmes au niveau national. Des initiatives comme Dites NON nous rappellent utilement cette responsabilité. Nous avons la chance d’avoir un Comité national pour l’UNIFEM très fort en Autriche, qui nous apporte son appui ce jour-là. La signature sera un grand événement, y compris dans les médias. J’attends de la majorité de mes collègues masculins qu’ils signent. Par ailleurs, pour la première fois, les présidentes des cinq partis autrichiens donneront une conférence de presse commune. Ceci constitue un pas important et montre qu’il est important de travailler ensemble sur cette question, au-delà des frontières partisanes.
UNIFEM: En juillet 2009, vous avez accueilli une conférence mondiale des présidentes de parlements à Vienne, et les avez invitées à rejoindre Dites NON. Quels ont été les résultats au niveau de la question de la violence contre les femmes?
Mme PRAMMER: Nous avons discuté des effets de la crise économique mondiale sur les femmes, et, dans ce contexte, également de la question de la violence contre les femmes. Pendant une crise, j’en suis convaincue, la violence est de plus en plus concentrée dans les régions disposant des ressources les plus faibles. Le chômage, la dépendance par rapport à un partenaire ou à la famille… : tous ces facteurs rendent les femmes encore plus vulnérables. Il est difficile à une femme sans revenu de s’extraire d’une relation violente. Heureusement, l’Union interparlementaire (UIP) s’est fortement engagée sur la question. Les parlements se sont par exemple vus demander de présenter dans un rapport les activités qu’ils ont planifiées pour le 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. En outre, nos collègues masculins, qui sont majoritaires puisque nous ne comptons que 33 présidentes de parlements sur 260, ont salué les discussions concernant l’intégration de l’égalité des sexes. L’égalité des sexes et les questions des femmes jouent toujours un rôle essentiel dans les assemblées de l’UIP.
UNIFEM: De quelle manière le Parlement européen est-il actif pour assurer la protection des femmes et des filles contre la violence et la discrimination?
PRAMMER: L’Union européenne dans son ensemble a été très proactive pour ce qui est de concevoir des règlements visant à éliminer la discrimination à l’égard des femmes, par exemple, lorsqu’il s’agit d’accorder un accès égal des femmes au marché du travail. Le fait de suivre ces directives a constitué un défi pour tous les Etats membres, en particulier pour les nouveaux.
UNIFEM: Le 26 octobre, Journée nationale autrichienne, vous avez ouvertement fait connaître vos préoccupations par rapport au fait que le système de justice ne gère pas certain cas de manière assez diligente. Ces préoccupations peuvent-elles aussi s’appliquer à l’application de la législation concernant les femmes et les filles, ainsi qu’aux victimes de violence?
Mme PRAMMER: L’Autriche est un leader mondial au niveau de la législation protégeant les victimes de la violence domestique. Le plus important défi pour nous demeure la question de la traite humaine. Il y a encore des améliorations à faire à ce niveau. Nous travaillons sur la manière de mieux protéger les femmes qui font l’objet d’un trafic vers l’Autriche, et notre système de justice doit s’emparer de ce problème également. Bien entendu, le système de justice autrichien est indépendant, et le gouvernement ne peut pas l’influencer. Néanmoins, l’accent doit être mis sur la formation des juges à cet égard. Nos forces de police sont un exemple de la manière dont cela a été fait auparavant. Rares sont les policiers qui ne se voient pas dispensés une formation spéciale sur la manière de traiter des cas de violence contre les femmes. C’est ma requête et mon souhait pour le système de la justice.



