La campagne de 16 journées entraîne une vague de mesures de New York au Kenya
Des membres de la communauté donnent un spectacle lors de la cérémonie d’ouverture de la campagne de 16 journées à Muhanga, au Rwanda. (Photo: Olive Uwamariya)
Un groupe d’hommes se rendent dans des villages retirés du Kenya pour parler de la manière dont on peut mettre fin à la violence contre les femmes ; des jeunes d’Asie de l’Est et du Sud-Est participent à des ateliers de travail sur la manière d’identifier la violence sexiste ; des trains suisses transportent des posters et des messages ; le Togo organise une campagne de sensibilisation nationale et fait participer les médias à la lutte contre la violence à l’égard des femmes… : ces actions ne sont que quelques exemples des centaines d’activités planifiées et organisées dans le cadre des « 16 journées de mobilisation contre la violence sexiste », une campagne internationale coordonnée par le Centre pour le leadership mondial des femmes (Center for Women’s Global Leadership - CWGL). Beaucoup de participants ont présenté leurs actions sur Dites NON, afin de sensibiliser un public mondial désireux d’être informé des actions entreprises sur la question.
Depuis le 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et jusqu’au 10 décembre, Journée des droits de l’homme, des milliers de personnes de par le monde ont participé aux « 16 journées de mobilisation » coordonnées par le CWGL. Ces dates ont été choisies pour souligner que la violence contre les femmes constitue une violation des droits de l’homme.
« Je me sens comblé par ce que je fais. Je suis heureux quand je vois une victime de violence se lever pour faire face à son agresseur ». Thuku Njuguna, coordonnateur de la Conférence itinérante des hommes (Men’s Traveling Conference - MTC) est l’un des hommes kenyans qui n’hésitent pas à parcourir des centaines de kilomètres dans un bus pour porter le message de la fin de la violence sexiste jusqu’aux villages les plus reculés du Kenya et du Malawi. Il appartient au MEGEN (Hommes pour l’égalité des sexes dès maintenant – Men for Gender Equality Now), une organisation qui estime primordial que les hommes parlent directement aux hommes sur la question : « Nous avons appris que cela change tout. Les hommes sont plus désireux d’écouter et de réfléchir véritablement à leurs relations avec les femmes entre eux ». Par l’intermédiaire de la MTC, le MEGEN a pu toucher des milliers de personnes sur le terrain, et inciter les hommes politiques locaux dans l’ensemble des deux pays à utiliser la législation sur la question.
A l’occasion de la Journée internationale du 25 novembre, la Confédération syndicale internationale (CSI), qui représente 175 millions de travailleurs dans 155 pays, a encouragé tous ses centres syndicaux nationaux et réseaux de femmes affiliés à Dire NON à la violence contre les femmes et les filles et à participer à l’initiative Dites NON – Tous UNiS. De la Bulgarie au Brésil, de l’Australie à la Norvège, les syndicalistes sont passés à l’action pour mener des activités de sensibilisation au sein des gouvernements, chez les employeurs ainsi que dans leurs propres rangs. En outre, 450 femmes syndicalistes issues de 110 pays, rassemblées lors de la 1ère Conférence mondiale sur les femmes de la CSI organisée à Bruxelles du 19 au 21 octobre 2009, ont adopté une résolution sur la violence contre les femmes qui vise à intensifier encore les actions menées par les syndicats pour éliminer la violence contre les femmes et les filles.
Il ne s’agit que de deux exemples des nombreuses actions entreprises au sujet de Dites NON, qui mettent en lumière les initiatives menées à bien dans le monde par des organisations et des personnes individuelles. Selon le calendrier du CWGL, 72 pays à travers le monde ont pris des mesures au cours de ces 16 journées. Parmi eux, le Réseau d’Asie du Sud des activistes et formateurs sur l’égalité des sexes (South Asian Network of Gender Activists and Trainers - SANGAT), a commémoré le 30 novembre la Journée de la femme d’Asie du Sud 2009 et s’est engagé en faveur de la paix, de la justice, des droits de l’homme et de la démocratie pour toutes les femmes d’Asie du Sud-Est.
Des membres de Zonta Internationale, un réseau mondial de professionnels dont l’objectif est de promouvoir la condition de la femme à travers le monde grâce à des services et à la mobilisation, a distribué des biens dans les refuges pour femmes du Michigan et de New York, et dispensé une formation sur la traite humaine en Oregon pour 140 personnes, dont des avocats, des professionnels de la médecine et des ONG. La Heller School de politique sociale et de gestion basée dans l’état américain du Massachusetts a projeté un film sur l’épidémie de viols au Congo et demandé aux étudiants et aux universités de « s’élever contre le viol ». 116 personnes ont signé leur pétition en se faisant prendre en photo, toutes ces photos étant utilisées en faveur de la Campagne des Nations Unies contre la violence sexuelle en temps de conflit, et consultables sur www.stoprapenow.org. Depuis son siège de Washington D.C., la Coalition Save Darfur a honoré, chacune des 16 journées, un « dirigeant en lutte pour autonomiser, protéger et améliorer les conditions de vie des femmes au Soudan » différent. Les lauréats sont très divers, depuis des activistes communautaires jusqu’à des entrepreneurs sociaux et écrivains. La CSD travaille sans relâche pour combattre l’épidémie de violence sexuelle au Darfour et pour fournir des services globaux aux victimes.
A l’Université d’El Salvador, le Programme des masculinités de Centro Bartolomé de las Casas et le Centre pour les études sur l’égalité des sexes ont joint leurs forces pour mener à bien un projet photo au sein du campus, en photographiant 620 étudiants et membres du personnel ayant appuyé leur slogan « impliquer les hommes sur la question de l’égalité des sexes. Zoom sur la prévention ! ».
Les gouvernements et les organisations de la société civile à travers le monde sont convaincus qu’il ne peut pas y avoir de véritable amélioration sans éduquer les jeunes et sans informer les filles de leurs droits. Au Cameroun, l’organisation régionale Filles d’Aujourd’hui, Femmes de demain (FAFED) a mené à bien une campagne médiatique et organisé des discussions pour sensibiliser les femmes et les filles qui ont abandonné l’école à cause d’un mariage précoce, du VIH ou de la pauvreté, et souligné l’importance de l’éducation des filles. Au cours d’une cérémonie symbolique, 300 garçons et filles se sont rassemblés sur le sable de la plage Coco Coco de Dar es Salaam, en Tanzanie, lors de la cérémonie d’ouverture de 16 journées de mobilisation organisée par l’UNIFEM Tanzanie et l’Association des Nations Unies afin de montrer leur engagement en faveur de l’arrêt de la violence contre les femmes. Emelda Mwamanga, une cadre de haut niveau travaillant dans le domaine des médias, et véritable modèle pour les jeunes femmes de Tanzanie, a résumé l’objectif de toutes les activités menées tout au long de cette période dans son discours : « J’encourage les jeunes femmes de tous les coins de notre pays à prendre conscience de leur propre valeur et à Dire NON aux abus ! Chaque femme a le droit d’avoir des rêves ambitieux et de devenir la personne qu’elle mérite d’être ! ».
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Pour consulter la liste complète des actions, consultez le site Internet de la campagne des 16 journées de la CWGL


