Nicole Kidman en Haïti : mettre les femmes au centre du relèvement
La Directrice exécutive de l'UNIFEM Inés Alberdi (à gauche) et l'Ambassadrice de bonne volonté de l'UNIFEM Nicole Kidman en pleine discussion avec les activistes des droits des femmes haïtiennes Yolette Jeanty (deuxième en partant de la gauche) et Daniele Magloire (à droite). (Photo: UNIFEM/Catianne Tijerina)
La reconstruction d’Haïti au lendemain du tremblement de terre dévastateur de 2010 passe par des mesures urgentes destinées à mettre fin à la violence sexiste et à promouvoir les moyens de subsistance des femmes. Tel a été le message d’Inés Alberdi, Directrice exécutive du Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM, faisant partie de ONU Femmes) et de l’Ambassadrice de bonne volonté de l’UNIFEM Nicole Kidman au cours d’une récente visite dans ce pays.
Mmes Alberdi et Kidman ont rencontré les victimes de violences vivant dans un camp provisoire, des responsables haïtiens et hauts fonctionnaires de l’ ONU, ainsi que des représentants d’organisations non gouvernementales nationales travaillant à aider les femmes touchées par le tremblement de terre.
« J’ai pu constater par moi-même l’impact de cette catastrophe humanitaire sur les femmes et les filles. L’absence de refuges et de sécurité les rend plus vulnérables à la violence, en particulier à la violence sexuelle » a souligné l’Ambassadrice de bonne volonté de l’UNIFEM Nicole Kidman. « Et pourtant, j’ai pu admirer la détermination et la résistance dont font preuve les femmes et les hommes d’Haïti pour reconstruire leur pays. »
Dans un refuge temporaire pour les femmes et les filles ayant subi ou risquant de subir des violences sexuelles, elle a rencontré les dirigeantes travaillent à assurer des services médicaux et juridiques ainsi qu’un accompagnement psychosocial et une formation sur les moyens de subsistance. » Cela doit être fait sur une grande échelle, et elles ont besoin de votre appui pour ce faire » a-t-elle ajouté.
La violence contre les femmes et les filles, déjà à un niveau élevé avant même le tremblement de terre, s’est généralisée depuis lors, les femmes et les filles vivant dans des tentes et autres refuges temporaires qui les rendent vulnérables aux agressions. La pauvreté totale fait que ces dernières ont peu de recours pour se protéger ou acquérir les ressources nécessaires à l’amélioration de leur vie. Le revenu annuel moyen des femmes en Haïti est de 626 dollars, contre 1.695 pour les hommes. Les réunions organisées au cours de la visite avec les défenseuses des femmes ont montré que priorité doit être donnée à l’autonomisation des femmes, et qu’il convient notamment sans délai d’intégrer les femmes aux programmes de création d’emplois et de leur fournir l’accès au crédit et aux opportunités de formation en vue d’assurer des moyens de subsistance durables.
« Les femmes d’Haïti travaillent dur pour reconstruire les différents pans de leur existence, mais elles ont besoin d’un appui approprié et durable au niveau de la sûreté et de la sécurité » a indiqué Inés Alberdi, Directrice exécutive de l’UNIFEM. « Il est également crucial de répondre aux besoins de développement à long terme des femmes, tels que les opportunités de revenu et la reconstruction des écoles pour leurs enfants. » Elle a souligné que mettre les femmes au cœur de la planification et du financement des secours et du relèvement après la catastrophe n’est pas seulement une condition nécessaire pour assurer les droits des femmes, mais aussi une politique intelligente au niveau du développement et de la sécurité.
A Port-au-Prince, Mmes Kidman et Alberdi ont rendu visite au seul refuge pour victimes de violences à Haïti, géré par l’organisation Kay Fanm, un partenaire de l’UNIFEM. Le bâtiment de l’installation ayant été détruit au cours du tremblement de terre, 13 jeunes filles, dont quelques unes avec leurs enfants, ont trouvé un refuge temporaire.
Aujourd’hui, les tentes ont laissé la place à des cabines en contreplaqué, fournissant un peu de protection contre les pluies torrentielles pendant la saison humide. Pour les jeunes femmes et filles, c’est un havre de sécurité: « Je me sens en sécurité. J'ai trouvé refuge, j'ai à manger et je peux me concentrer sur mes études » a dit une des filles qui vit dans le refuge de l'organisation après avoir été kidnappée et abusée l'année dernière. Elle peut maintenant aller à l'école et continuer sa formation, espérant pouvoir être pédiatre un jour.
« La lutte contre la violence sexuelle et physique a été au cœur des initiatives déployées par nos partenaires de la société civile et le gouvernement pour promouvoir les droits fondamentaux des femmes en Haïti pendant des années » a souligné Kathy Mangones, Administratrice du programme de pays de l’UNIFEM en Haïtii. « Le travail que l’UNIFEM mène à bien avec eux au lendemain du tremblement de terre se base sur ces initiatives, et pourtant, aujourd’hui plus que jamais, des ressources suffisantes et une volonté politique déterminée sont requises » a-t-elle ajouté.
Lors d’une autre rencontre au cours de leur séjour à Haïti, Mmes Kidman et Alberdi ont rencontré une ancienne maîtresse d’école, qui essaie maintenant de fournir certaines activités éducatives dans le jardin de sa maison détruite aux enfants des refuges temporaires environnants.
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L’UNIFEM travaille sur la programmation en Haïti depuis 2004, un bureau de pays ayant été créé en 2007. Le bureau de pays concentre son travail sur le renforcement de la sécurité économique et des droits des femmes, la fin de la violence contre les femmes et la promotion de la justice pour les femmes au niveau de la gouvernance démocratique. L’UNIFEM-Haïti travaille étroitement avec le ministère de la Condition de la femme et des Droits de la femme (MCFDF), les organisations de femmes enracinées dans la communauté locale et la société civile, y compris les dirigeants religieux traditionnels et les associations d’hommes, au lendemain du tremblement dévastateur de janvier et en partenariat avec les partenaires nationaux. L’UNIFEM a eu pour priorité de faire face aux défis-clés, y compris en élaborant des stratégies pour la fourniture de services, la prévention et la réponse à la violence sexuelle et sexiste, donnant aux femmes la possibilité d’être entendues, et le renforcement de l’intégration des besoins des femmes dans la réponse humanitaire.
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