ONU Femmes annonce un agenda politique de 16 mesures

Dans son premier message à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes depuis la création d’ONU Femmes l’année dernière, la Directrice exécutive d’ONU Femmes Michelle Bachelet présente son programme politique pour mettre un terme définitif à la violence à l’égard des femmes. Axé sur trois piliers essentiels – la prévention, la protection et la fourniture de services clés – l’appel lancé par Mme Bachelet exhorte les dirigeants mondiaux à mobiliser la volonté politique et l’investissement afin d’assurer aux femmes une vie sans violence. 

 

16 mesures pour mettre fin à la violence à l'egard des femmes


1.    Ratifier des traités internationaux et régionaux…
qui protègent les droits des femmes et des filles, et garantissent que les lois et les services nationaux soient conformes aux normes internationales sur les droits fondamentaux.


2.    Adopter et appliquer des lois…
visant à mettre un terme à l’impunité, à  poursuivre en justice les auteurs de violences à l’égard de femmes et de filles et à offrir à celles-ci des recours et des réparations  pour les dommages qu’elles ont subis.

  • Au Brésil, l’application de  « la loi Maria da Penha contre la violence conjugale et familiale,» a conduit à 331.000 poursuites judiciaires et 110.000 jugements. Près de deux millions d’appels vers les centres pour les femmes ont été enregistrésLe
  • Gouvernement du Mexique adopte une attitude transformative au niveau des réparations des dommages causés aux familles des femmes de Ciudad Juárez.
  • Un  guide  global en matière de législation pour mettre fin aux violences faites aux femmes au  Centre virtuel de connaissances


3.    Développer des plans d’action nationaux et locaux…
pour mettre un terme à la violence à l’égard des femmes et des filles dans chaque pays et qui rassemblent le gouvernement, les organisations de femmes et d’autres organisations de la société civile, les médias et le secteur privé en un collectif coordonné afin de faire face à de telles violations des droits fondamentaux.


4.    Rendre la justice accessible aux femmes et aux filles…
par l’instauration de services juridiques spécialisés et gratuits et par l’augmentation du nombre de femmes dans les processus de mise en application des lois et les services de base.


5.    Mettre un terme à l’impunité dans le cadre de la violence sexuelle en période de conflit…
en poursuivant les auteurs de violences en période conflictuelle et post conflictuelle et en respectant le droit d’accès, pour les survivantes, à des programmes  de réparation adaptés et non discriminatoires et ayant un impact positif dans la vie des femmes et des filles.


6.    Assurer un accès universel aux services de base…
Les besoins urgents et immédiats des femmes et des filles doivent consister au minimum dans :  un service d’assistance téléphonique 24 heures sur 24, des services d’intervention rapide pour leur sécurité et leur protection, des logements et des abris sûrs pour les femmes et leurs enfants, des prises en charge psychologiques et sociales, des soins médicaux post-viol  et une assistance juridique gratuite afin d’aider les femmes à mieux comprendre leurs droits et leurs options. 


7.    Former les prestataires de services  de base…
en particulier la police, les avocats, les juges, les travailleurs sociaux et le personnel de santé pour assurer qu’ils suivent des normes et des protocoles de qualité. Il est nécessaire que lesdits services soient confidentiels, sensibilisés et  adaptés aux femmes survivantes.


8.    Proposer des ressources publiques adéquates…
pour mettre en œuvre les lois et politiques existantes, qui reconnaissent les coûts et les conséquences dévastatrices des violences à l’égard des femmes, non seulement sur les vies qui en sont directement affectées mais plus largement sur la société, l’économie et sur le budget public.

  • En Uruguay, la budgétisation sensible au genre  permet à un centre de femmes  d’offrir des ateliers au sujet de la violence basée sur le genre, des cours de langues et de renforcement des compétences, une assistance juridique et bien plus.


9.    Rassembler, analyser et diffuser les données nationales…
sur la prévalence, les causes et les conséquences de la violence à l’égard des femmes et des filles, les profils des survivantes et des auteurs de violences,  les progrès et les failles existants dans la mise en application des politiques, des lois et des plans  nationaux.

  • L’organisation partenaire d’ONU Femmes Together for Girls -effort mondial pour prévenir la violence sexuelle contre les femmes- appelle  à réaliser d’urgence des études nationales. Les résultats inquiétants relevés en Suisse indiquant qu’un tiers des filles ont été victimes de violence sexuelle, ont encouragé la nécessité de mettre en place une campagne nationale  d’éducation, de renforcer les compétences de la police à répondre aux violences sexuelles et la création de tribunaux adaptés aux enfants. Pour de plus amples informations sur Together for Girls, veuillez cliquer ici.
  • Le Progrès des Femmes dans le monde et les données sur la prévalence de la violence contre les femmes : étude par pays  vous permettent d’accéder aux données sur la prévalence de la violence, sur les lois et davantage encore.


10.    Investir dans l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes…
pour lutter contre les causes premières de la violence à l’égard des femmes et des filles. Les domaines stratégiques comprennent l’accès à l’éducation secondaire pour les filles, les progrès en matière de santé reproductive et des droits  des femmes, les liens intrinsèques existants entre la violence et le VIH/sida, et la participation politique et économique croissante des femmes ainsi que leur leadership. L’égalité des sexes et l’élimination des violences doivent être placées au cœur des objectifs du Millénaire pour le développement.

  • Près de trois quart des femmes et des filles dans le monde sont victimes de violence physique et sexuelle au cours de leur vie. Les OMD et les séries sur le genre  mettent en garde que sans l’élimination de la violence à l’ égard des femmes, la réalisation des huit objectifs du Millénaire pour le développement sera impossible.


11.    Améliorer l’autonomisation des femmes…
en garantissant le droit pour femmes de posséder des terres et des biens, hériter, percevoir un salaire égal pour un travail égal, et obtenir un emploi sécurisé et décent. L’inégal accès des femmes aux opportunités économiques et à l’emploi représentent un facteur majeur dans la perpétration de leur enlisement  dans des situations de violence, d’exploitation et d’abus.

  • Dans un pays déchiré par des années de conflit, la lutte quotidienne pour la survie est  constante. Subvenir aux besoins de la famille est un défi quotidien. Bread Winner, Bread Maker raconte l’histoire de femmes qui apportent de l’espoir à des milliers de personnes des territoires occupés de Palestine.
  • Chaque année des millions de femmes travaillent à l’étranger et sont victimes  d’abus et d’exploitation. En déplacement: les travailleuses migrantes au Népal luttent pour leurs droits.


12.    Accroître la sensibilisation du public et  la mobilisation sociale…
pour éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles et pour permettre aux femmes et aux filles victimes de violences  de briser le silence et d’avoir accès à la justice et a un soutien adapté.

  • Avec à son actif plus de 2 millions d’actions et 600 partenaires, Dites NON –Tous UNiS pour mettre fin à la violence contre les femmes est une plateforme mondiale d’information, d’action et de mobilisation sociale. Consultez le site de www.ditesnonalaviolence.org/fr et postez votre action dès aujourd’hui !
     

13.    Engager les médias…
en influençant l’opinion publique et en contestant les normes néfastes à l’égalité des sexes qui perpétuent la violence à l’égard des femmes et des filles.


14.    Travailler pour et avec les jeunes comme acteurs du changement…

pour mettre un terme à la violence à l’égard des femmes et assurer que les systèmes éducatifs favorisent l’autonomisation des filles et des garçons afin de transformer et construire des relations de genre basées sur l’harmonie,


15.     Mobiliser les hommes et les garçons…
de tous âges et de tous les horizons afin qu’ils prennent position contre la violence à l’égard des femmes et des filles et qu’ils favorisent l’égalité et la solidarité en matière de genre.


16.    Faire une donation au Fonds d’affectation spéciale de l’ONU pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes…
qui est le seul fonds de subvention dans le monde  exclusivement dévoué à cette expertise orientée et au soutien financier des actions nationales et locales.

  • C’est le 15eme anniversaire du Fonds d’affectation spéciale de l’ONU—depuis sa création,  le Fonds d’affectation spéciale de l’ONU a soutenu 339 programmes dans 127 pays et territoires, se reposant sur des contributions bénévoles. Aidez-nous s’il vous plait à faire du monde un endroit plus sûr pour les femmes et les filles et faites une contribution dès aujourd’hui!
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