Ouganda du Nord : Le chef du Ker Kwero Acholi dit NON à la violence sexiste
Lors de la cérémonie de lancement, son Altesse royale Rwot David Onen Ocana (centre), a lancé une campagne de six mois pour mettre fin à la violence sexiste chez les Acholis, et a souligné qu’il convient d’accorder la plus haute priorité aux besoins spécifiques des femmes dans la période de consolidation de la paix et de reconstruction de l’Ouganda du Nord.
Le 15 mars 2010, lors de la cérémonie de lancement des Principes acholis sur les relations entre les sexes et sexuelles – une série de normes culturelles acholies compilées en consultation avec les chefs, les dirigeants traditionnels, les leaders d’opinion et le peuple acholi d’Ouganda du Nord – son Altesse royale Rwot David Onen Ocana, Chef suprême du peuple acholi, a annoncé : « Je me dissocie aujourd’hui de quiconque utilise notre culture pour justifier la violence contre les femmes. Les hommes qui commettent des violences contre les femmes sont des lâches ».
Lors de la cérémonie de lancement, son Altesse royale Rwot David Onen Ocana, chef du Ker Kwero Acholi, une organisation regroupant les dirigeants traditionnels du peuple acholi, a souligné qu’il convient d’accorder la plus haute priorité aux besoins spécifiques des femmes dans la période de consolidation de la paix et de reconstruction de l’Ouganda du Nord. Il a annoncé une campagne de six mois de Tolérance zéro par rapport à la violence sexiste chez les Acholis, entrant dans le cadre de la campagne mondiale du Secrétaire général des Nations Unies, Tous UNiS pour mettre fin à la violence contre les femmes, afin de renforcer les mesures et la prise de conscience sur la question.
Lors de la signature de l’appel Dites NON – Tous UNiS pour faire de la fin de la violence contre les femmes une des toutes premières priorités, son Altesse royale a demandé instamment aux autorités nationales et des districts de la région de décréter des lois et des ordonnances qui renforceraient les Principes acholis sur les relations entre les sexes et sexuelles et d’accroître la collaboration entre l’administration et les autorités traditionnelles en vue d’assurer que les femme puissent participer et bénéficier pleinement au programme de relèvement de l’Ouganda du Nord.
Si les principes acholis sont en cours d’élaboration et doivent être mis en pleine conformité avec les standards nationaux et internationaux en matière de droits fondamentaux des femmes, Meryem Aslan, Directrice de programme régional de l’UNIFEM pour l’Afrique de l’Est et la corne de l’Afrique, s’est félicitée de ce processus, qui constitue une mesure significative en faveur des droits de la femme à négocier, définir et forger la culture.
Au cours de la cérémonie, les chefs de l’Alur, de Teso et de Lango ont invité les partenaires et parties prenantes travaillant à Acholiland à coopérer pour mettre fin à la violence sexiste dans leurs propres domaines, faisant tous passer le même message selon lequel la violence ne fait pas partie de leur culture. Une délégation du cabinet du Premier ministre était présente à la cérémonie, ainsi que des représentants des agences des Nations Unies, de la communauté des donateurs et des organisations de la société civile.
Acholiland, en Ouganda du Nord, comprend cinq domaines qui ont été l’épicentre de l’insurrection de l’Armée de résistance du Seigneur contre le gouvernement ougandais. Un accord de cessation des hostilités a été signé en 2006 et ouvert la voie à des pourparlers de paix ainsi qu’au retour de la population, dont environ 80% avait vécu dans des camps pendant l’insurrection. Les femmes des communautés de réinstallation sont confrontées à de nombreux défis liés aux litiges fonciers et à des niveaux élevés de violence sexiste.


